Comment louer une voiture en Islande et conduire en toute sécurité ?

Par Moreau Camille

Conduire en Islande peut sembler intimidant au premier abord mais, avec quelques repères pratiques et une préparation adaptée, vous gagnerez rapidement en sérénité et en autonomie sur les routes islandaises.

Avant de partir : démarches, réservation et documents à vérifier

Réserver votre véhicule longtemps à l’avance est l’un des meilleurs moyens de maîtriser votre budget. Les locations en Islande sont souvent coûteuses et la disponibilité baisse rapidement, surtout en haute saison. La plupart des agences basiques et internationales ont des comptoirs à Keflavik, à proximité de l’aéroport, où la concurrence est la plus forte et les offres parfois les plus intéressantes. Certains loueurs ont aussi des bureaux à Reykjavik si vous préférez débuter votre séjour en ville sans voiture.

Mains tenant un contrat de location de voiture sur un comptoir lumineux
Réservez tôt et vérifiez permis, âge et carte de paiement.

Pour louer, la condition « permis détenu depuis au moins un an » et un âge minimum (généralement 21 ans, parfois 23–24 ans pour certains 4×4) sont des exigences courantes : vérifiez-les avant toute réservation. Les loueurs demandent le plus souvent une carte de crédit pour la caution; si vous ne possédez qu’une carte de débit, contactez le loueur à l’avance.

Enfin, renseignez‑vous clairement sur les contraintes d’utilisation du véhicule. Beaucoup d’agences interdisent l’accès à certaines pistes ou F‑roads et le non‑respect de ces règles peut entraîner la perte de couverture d’assurance.

Choisir le bon véhicule selon votre itinéraire

Voiture de tourisme ou 4×4 : quelle différence ?

Si votre trajet reste sur les axes principaux (la route n°1 et routes asphaltées), une voiture standard suffit généralement. En revanche, pour accéder aux Hautes Terres, aux fjords isolés ou à certaines pistes du sud et du nord, un véhicule à quatre roues motrices devient nécessaire. Les F‑roads sont souvent fermées une partie de l’année et interdites aux véhicules sans 4×4.

Vans aménagés et camping‑cars : avantages et limites

Les véhicules aménagés offrent de l’autonomie pour dormir et cuisiner, mais ne permettent pas de camper librement : le camping sauvage est interdit en Islande et vous devez utiliser des campings officiels (comptez environ 10 € par personne dans de nombreux sites). Les campings ferment majoritairement en hiver, ce qui complique l’usage d’un van hors saison. Les vans et camping‑cars sont aussi moins maniables sur pistes étroites et peuvent être déconseillés pour certaines routes accidentées.

Comment vérifier l’état des routes et la météo avant de partir ?

Consultez quotidiennement les ressources officielles avant chaque départ. Le site national qui répertorie l’état des routes fournit une carte avec un code couleur pour la praticabilité et des informations sur le vent et la visibilité : c’est un outil essentiel pour planifier vos étapes. La météo nationale donne des prévisions détaillées pour la pluie, la température et surtout la force du vent, facteur déterminant en Islande. Le service gouvernemental dédié à la sécurité routière propose également des vidéos pédagogiques et un système d’alerte par SMS qui peut s’avérer utile si vous partez en zone isolée.

Traverser un gué : quand et comment le faire sans mettre le moteur en péril

Les traversées de rivières (gués) sont un enjeu fréquent dans les terres intérieures et ne concernent en pratique que les itinéraires hors saison asphaltée, donc principalement en été. Sachez que la plupart des assurances ne couvrent pas les dégâts causés par l’eau. Si vous rencontrez un gué :

Véhicule tout-terrain traversant un gué peu profond en journée
Inspectez un gué à pied et traversez lentement si sûr.

  • arrêtez‑vous et inspectez à pied la profondeur et le courant,
  • privilégiez une traversée lente, à vitesse constante, sans changer de rapport,
  • évitez de traverser perpendiculairement au courant ; traversez légèrement en biais dans le sens du flux,
  • si l’eau dépasse approximativement la hauteur des genoux, renoncez et faites demi‑tour.

Observer un véhicule local naviguer le passage peut être une aide précieuse : attendez si nécessaire. Et n’oubliez pas que rester sur un itinéraire confirmé praticable par votre loueur est souvent la meilleure garantie de sécurité et d’assurance.

Pièges fréquents et erreurs à éviter

Plusieurs erreurs reviennent régulièrement chez les visiteurs et peuvent gâcher l’expérience ou coûter cher :

Réserver trop tard, sous‑estimer les distances entre stations‑service (remplissez régulièrement le réservoir), ignorer les restrictions imposées par le loueur, tenter d’emprunter une F‑road sans 4×4 ou sans autorisation, franchir un panneau de route fermée et négliger la force du vent—ces imprudences entraînent souvent des incidents évitables.

Autres aspects concrets : le stationnement sur de nombreux sites naturels est devenu payant et s’effectue en grande partie via une application dédiée ; ne pas payer peut entraîner des pénalités. Enfin, les animaux (moutons surtout, parfois rennes) traversent fréquemment les routes en été : roulez prudemment à leur approche.

Petite checklist à respecter avant de prendre la route

  • Vérifier l’état des routes sur le site officiel et la météo locale.
  • Confirmer les restrictions d’usage de votre véhicule avec le loueur.
  • Remplir le réservoir quand vous en avez l’occasion.
  • Emporter la documentation d’assurance et noter les numéros d’assistance.
  • Prévoir des jours tampon si vous voyagez en hiver afin d’éviter de manquer un vol en cas de tempête.

Aspects pratiques d’assurance et réglementaires

Une assurance complémentaire n’est pas toujours obligatoire mais peut être judicieuse selon votre itinéraire. Les dommages liés à l’eau ne sont généralement pas couverts par les contrats standards, d’où l’importance de poser la question explicitement au moment de la location. Si vous réglez la réservation avec une carte haut de gamme, la couverture liée à la carte peut compléter l’assurance du loueur : vérifiez les conditions avant le départ.

Vous n’avez pas besoin d’un permis de conduire international ; le permis national suffit en général. Notez simplement l’exigence de durée de détention et d’âge minimale imposée par la plupart des agences.

Quelques particularités à connaître

La conduite s’effectue à droite et les feux de croisement doivent être allumés en permanence. La route principale entourant l’île reçoit une attention prioritaire en cas d’intempéries, avec déneigement régulier en hiver. Un cas concret à prévoir : le tunnel de Vaðlaheiðagöng, au nord, est payant ; le règlement se fait en ligne via un site spécifique et doit être effectué dans une fenêtre temporelle autour du passage sous peine de frais pour le loueur (montant et modalités signalés par les autorités locales).

En résumé, préparer son voyage, choisir un véhicule en fonction de l’itinéraire et consulter quotidiennement les ressources officielles sont les clefs pour profiter sereinement des paysages islandais sans prendre de risques inutiles.

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