Partir en road trip en Islande demande autant d’envie d’émerveillement que de préparation pratique ; selon que vous disposez d’une semaine ou d’un mois, l’île ne vous offrira pas le même visage. Voici un guide pour choisir le bon circuit, éviter les faux pas fréquents et adapter votre itinéraire à votre rythme, sans vous noyer dans des listes impossibles à tenir.
Sommaire
Comment choisir entre 7 jours, 10–15 jours ou 3 semaines et plus ?
Votre contrainte principale — le temps — doit dicter le choix du parcours. Si vous n’avez qu’une semaine, concentrez-vous sur la côte sud et le Cercle d’Or : concentration de merveilles accessibles et moins de kilomètres. Entre 10 et 15 jours, le tour complet de l’île (la Ring Road) devient envisageable et permet d’ajouter le nord et le lac Mývatn. Avec trois semaines ou davantage, vous pouvez vous offrir les zones les plus reculées : les fjords de l’ouest, la péninsule de Snæfellsnes et quelques jours supplémentaires dans les Hautes Terres.
Pensez aussi à votre façon de voyager : préférez-vous voir beaucoup de sites rapidement ou vous attarder, randonner et faire des excursions (randonnée glaciaire, grotte de glace, observation des baleines) ? Les itinéraires plus longs laissent la place aux imprévus météo et aux vraies pauses.
Ce qu’il faut régler avant le départ
Quelques éléments logistiques rendent un voyage en Islande nettement plus serein si vous les anticipez :

Vol et arrivée : l’Islande n’est pas si loin de l’Europe continentale — comptez environ 3h30 de vol depuis Paris selon les routes. Attendez-vous à débarquer sur la péninsule de Reykjanes, d’où vous pouvez prendre votre voiture directement ou une navette vers Reykjavik.
Location de véhicule : la location est coûteuse et les meilleurs tarifs partent vite. Comparez les offres (par exemple via DiscoverCars) et réservez tôt. Si vous envisagez les Hautes Terres, un 4×4 est indispensable ; certaines pistes (F‑roads) et passages de gués ne sont praticables qu’en été et avec un véhicule adapté.
Cartes bancaires et assurances : certains loueurs demandent une carte de crédit ; d’autres acceptent la carte de débit contre souscription d’une assurance complémentaire. Renseignez‑vous avant la réservation et prenez une assurance dommages adaptée aux routes islandaises (graviers, projections de pierres, vent).
Météo et volcans : l’île est volcanique et la situation peut évoluer rapidement. Avant de partir et chaque jour, consultez les sites officiels comme safetravel.is et vedur.is pour les alertes, fermetures de routes ou annulations d’activités (Blue Lagoon, zones d’accès au public).
Trois itinéraires pensés selon votre rythme
Voyageur pressé — 7 jours : le meilleur du sud
Itinéraire synthétique : Reykjavik → Cercle d’Or → côte sud jusqu’à Vík → Jökulsárlón (lagune glaciaire) → retour via la péninsule de Reykjanes.

Pourquoi ce choix : en une semaine on maximise les découvertes sans passer ses journées au volant. Le sud concentre cascades, plages de sable noir, glaciers et lagunes glaciaires à distances raisonnables les unes des autres.
Points d’attention pratiques :
- Réserver les hébergements en amont, surtout autour de Jökulsárlón où l’offre est limitée.
- Sur Reynisfjara, respectez strictement les panneaux et la zone de sécurité à cause des sneaker waves — ces vagues soudaines peuvent être mortelles.
- Si vous voulez une activité encadrée (randonnée sur glacier, grotte de glace), bloquez la place à l’avance.
Explorateur curieux — 10 à 15 jours : faire le tour et s’aventurer un peu
Itinéraire synthétique : Ring Road dans le sens désiré, en prenant le temps entre Vik, Höfn (Vestrahorn, lagunes glaciaires), les fjords de l’Est (Egilsstaðir, Seyðisfjörður), le nord (Mývatn, Dettifoss), puis retour par la côte ouest (possibilité d’ajouter Kerlingarfjöll ou Landmannalaugar si vous avez un 4×4 et partez l’été).
Pourquoi ce choix : suffisamment de temps pour combiner incontournables et détours moins fréquentés, et pour intégrer des journées de randonnée ou d’excursions (baleines depuis Húsavík, bains géothermiques au Myvatn Nature Baths).
Nuances utiles : le nord et l’est sont moins fréquentés mais les services (hébergements, stations) sont plus espacés — prévoyez ravitaillement et carburant. En été, les pistes permettent d’accéder aux Hautes Terres (Kerlingarfjöll, Landmannalaugar) ; vérifiez la fermeture saisonnière des routes.
Aventurier patient — 3 semaines et plus : fjords de l’ouest et Snæfellsnes
Itinéraire synthétique : ajoutez aux étapes précédentes les Westfjords (Ísafjörður, Hornstrandir, Dynjandi, Látrabjarg), puis traversez vers la péninsule de Snæfellsnes (Kirkjufell, plages et grottes). Le ferry depuis Brjánslækur vers Stykkishólmur peut économiser plusieurs centaines de kilomètres si vous quittez les Westfjords par la mer.
Pourquoi ce choix : les Westfjords et le nord de Snæfellsnes sont parmi les paysages les plus sauvages d’Islande — peu de monde, de grandes distances, mais des panoramas hors du commun et d’excellentes possibilités d’observation d’oiseaux (macareux) et de phoques.
Conseil terrain : certaines pistes dans les Westfjords sont exigeantes (passages côtiers, gués, rochers). Si vous n’êtes pas un conducteur expérimenté en tout‑terrain, privilégiez les routes principales ou les excursions guidées.
Conduite, météo et sécurité : nuances à connaître
Conduire en Islande est une part essentielle du voyage, et ce n’est pas seulement une question de kilométrage :
Météo changeante : le temps peut passer du soleil à la tempête en quelques heures. Prévoyez des marges horaires larges entre deux visites et une tenue adaptée pour toutes les conditions.
Pistes et gués : les F‑roads et certaines pistes (p. ex. F208, F225) nécessitent un 4×4 et sont ouvertes uniquement en été. Certains itinéraires dans les Hautes Terres comportent des gués ; traverser sans expérience ni véhicule adapté est risqué.
Carburant et distances : les stations‑service sont rares hors des centres urbains. Faites le plein quand vous en avez l’occasion et calculez vos temps de route avec prudence — la route fait partie du spectacle, mais elle prend du temps.
Comportement aux sites populaires : certains lieux comme Seljalandsfoss ou Skógafoss restent très fréquentés. Pour des photos sans foule, planifiez lever ou coucher du soleil, mais tenez compte des horaires d’ouverture éventuels et de la météo.
Erreurs fréquentes à éviter
- Partir sans hébergements réservés dans les zones clés (Jökulsárlón, Mývatn, Westfjords) ; l’offre peut être limitée.
- Sous‑estimer la météo et la réalité des temps de trajet ; réserver trop d’activités la même journée.
- Omettre l’assurance / choisir une couverture insuffisante pour les routes de gravier et les vents violents.
- Tenter les pistes des Hautes Terres sans 4×4, expérience ou vérification des conditions.
- Se rapprocher trop près de l’eau sur Reynisfjara ou ignorer les consignes aux falaises : les accidents arrivent vite.
Derniers conseils pratiques
Si l’organisation vous semble lourde, pensez à externaliser l’itinéraire : plusieurs agences et plateformes proposent des circuits sur mesure. Pour les activités phares (randonnée sur glacier, tours en bateau à Húsavík, grottes de glace), réservez à l’avance, surtout en haute saison. Enfin, vérifiez les alertes volcaniques avant et pendant votre séjour et adaptez votre planning — l’Islande est vivante : c’est là tout son charme, mais ça demande de la flexibilité.
Articles similaires
- Combien de jours prévoir pour un road trip en Islande selon votre itinéraire ?
- Quand partir en Islande : quelle période choisir selon vos envies
- Préparer un road trip en Islande : guide pratique pour itinéraire, budget et sécurité
- Où dormir en Islande : guide des villes, hébergements et campings
- Top 15 des activités indispensables à faire en Islande

Camille Moreau est une globe-trotteuse française qui adore partager ses conseils de voyage et ses découvertes à travers le monde.