MSC a confirmé l’achat de deux nouveaux navires World Class, une commande qui promet d’influer autant sur la construction navale française que sur l’offre de croisières haut de gamme d’ici à 2030.
Sommaire
Ce que contient officiellement la commande
Signé le 19 mai 2025, le contrat lie MSC Croisières aux Chantiers de l’Atlantique pour la construction de deux paquebots provisoirement appelés World Class V et World Class VI. La construction se déroulera à Saint‑Nazaire et la livraison est annoncée pour 2030. Le montant du projet avoisine les 3,5 milliards d’euros et mobilisera, selon les parties, près de 20 millions d’heures de travail et environ 3 000 emplois dans la filière.
Dimensions et capacités : une vie à bord comparable à une petite ville
Ces unités reprennent le gabarit des précédents navires de la série. Avec une longueur proche de 330 mètres et un maître-bau autour de 47 mètres, chaque paquebot devrait embarquer près de 6 800 passagers répartis dans environ 2 600 cabines, soutenus par quelque 2 000 membres d’équipage. Concrètement, cela signifie des infrastructures étendues : multiples restaurants et espaces de divertissement, zones commerciales, équipements de loisirs et services hôteliers répartis sur de nombreux ponts.

Qu’est-ce que cela change pour vous lors d’une croisière
Sur des navires de cette taille, vous pouvez attendre une grande variété d’activités et d’options de restauration, mais aussi des temps d’embarquement et de débarquement plus longs. Les flux de passagers exigent une organisation rigoureuse à bord et au port : files, contrôles et embarquements groupés sont la norme, surtout aux heures de pointe.
Technologies annoncées et innovations pratiques
La commande met l’accent sur des solutions techniques destinées à réduire l’impact environnemental et à améliorer le confort. Parmi les dispositifs mis en avant figurent le recours au gaz naturel liquéfié (GNL), la connexion à quai pour l’alimentation électrique, ainsi que des systèmes avancés de traitement des eaux et de gestion des déchets. Ces éléments sont présentés comme des leviers pour une meilleure efficacité énergétique et une réduction des émissions.

- Propulsion au GNL
- Branchement à quai pour alimenter les équipements à l’amarrage
- Systèmes de traitement des eaux usées conformes aux normes de l’Organisation maritime internationale
- Améliorations générales de l’efficacité énergétique
Limites et nuance sur l’aspect “écologique”
Le GNL est présenté comme l’un des carburants marins les plus propres disponibles à grande échelle et la compagnie évoque une baisse des émissions de CO₂ allant jusqu’à 25 % par rapport aux carburants classiques. Il est utile de garder une vision mesurée : ces progrès réduisent certaines émissions et améliorent la conformité aux normes, mais ne signifient pas une neutralité carbone complète. Les technologies à bord pour le traitement des eaux et la gestion des déchets visent à répondre aux standards internationaux, ce qui reste un point notable pour les ports et les autorités de contrôle.
Retombées pour l’industrie locale et les fournisseurs
Les Chantiers de l’Atlantique indiquent que plus de 500 fournisseurs français interviendront sur ce programme, générant des retombées économiques substantielles en région. La construction à Saint‑Nazaire consolide une chaîne de compétences locales : ingénierie navale, fournisseurs d’équipements, sous‑traitance industrielle et services logistiques. Pour la filière, un contrat de cette ampleur renforce la pérennité des savoir‑faire régionaux et le maintien d’emplois qualifiés.
Faut‑il s’attendre à une uniformisation de l’expérience de croisière ?
Les très grands paquebots offrent une masse critique d’activités et d’équipements qui attire une clientèle variée. En pratique, cela crée deux effets opposés. D’un côté, vous profitez d’une offre diversifiée et de prestations comparables à celles d’une station touristique. De l’autre, l’ampleur du navire peut diluer l’expérience personnelle pour ceux qui recherchent une croisière intimiste. Les opérateurs jouent sur la segmentation des espaces pour proposer des ambiances différentes, mais la sensation d’échelle reste un trait marquant de ces navires.
Le partenariat MSC – Chantiers de l’Atlantique, une relation de longue date
La nouvelle commande s’inscrit dans une collaboration de plusieurs années entre les deux acteurs. Au fil des deux dernières décennies, ils ont coopéré à la construction d’une vingtaine de navires, un parcours qui a créé des synergies techniques et industrielles. Le calendrier des livraisons montre également une montée en puissance progressive avec des unités déjà en service ou en construction, comme le MSC World America entré en service en avril 2025 et le MSC World Asia attendu pour l’hiver 2026.
FAQ
Quand seront livrés les navires World Class V et VI ?
La livraison est prévue d’ici à 2030 selon le contrat signé en mai 2025.
Où seront construits ces paquebots ?
La construction aura lieu aux Chantiers de l’Atlantique, dans le port de Saint‑Nazaire en France.
Combien de passagers pourront-ils accueillir ?
Chaque unité pourra embarquer près de 6 800 passagers répartis dans environ 2 600 cabines, avec près de 2 000 membres d’équipage pour le service.
Le GNL rend‑il ces navires “propres” ?
Le GNL est présenté comme une option plus propre à grande échelle et la réduction des émissions de CO₂ est annoncée jusqu’à 25 % par rapport aux carburants marins standards, mais ce n’est pas une solution sans limites et elle s’inscrit dans une trajectoire d’amélioration plutôt que dans une neutralité totale.
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Sandrine Lefebvre, passionnée de nature et de voyages, se consacre à la rédaction d’articles sur les destinations écologiques et durables.